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Météo et aérostation

VolGroupeMatinLa pratique de l’aérostation est intimement liée à la météorologie et à l’aérologie en découlant plus ou moins directement. Pourquoi ne voit-on dans le ciel des montgolfières que tôt le matin et tard le soir ? Tout simplement, dans la journée et particulièrement en été, l’instabilité (même si elle est à peine perceptible au sol), interdit la pratique du vol en ballon. L’aérostat exige une « atmosphère » stable. Il ne supporte pas plus les courants ascendants (air chaud) que ceux descendants (air froid) : se déplaçant dans le lit du vent, il en épouse les méandres fidèlement, et si d’aventure un courant un peu plus chaud ou un peu plus froid s’y glisse, alors il perd sa stabilité par rapport à l’environnement extérieur.

La température de l’air dans l’enveloppe est de l’ordre de 100°C, variant de 10% selon que le pilote réchauffe plus ou moins fréquemment l’air. Si le fragile équilibre entre cette température dans l’enveloppe et la température ambiante est rompu (par exemple en pénétrant dans une zone plus chaude), la montgolfière aura tendance à « se dégonfler » donc descendre… Ce mouvement sera amplifié par le courant d’air instable inverse lui-même généré par le phénomène. Dans ces conditions, l’aérostat devient rapidement incontrôlable, « rebondissant » littéralement sur des courants d’air…

Voici pourquoi vous ne verrez jamais voler ensemble un planeur recherchant les ascendances au beau milieu de l’après-midi sous de généreux cumulus et une montgolfière recherchant la stabilité.

Cette stabilité n’est prévisible que juste après le lever du soleil ou peu avant son coucher.

CoucherSoleil

A cette nécessité de stabilité, vient s’ajouter la météorologie locale. Locale, car un bulletin météo général apporte peu d’informations au pilote. La météo aéronautique lui offrira une aide complémentaire, avec les METARs ou les TAFs, bulletins aéronautiques décrivant respectivement les principaux phénomènes météorologiques présents et prévisibles à courte échéance. Mais là encore, la portée de ces données est plus vaste que le rayon de 20 ou 30 km dans lequel évolue généralement une montgolfière.

Une fois les conditions des stabilité réunies (absence de situation orageuse présente ou prévisible, front à plus de 50 km, visibilité en conditions de vol à vue etc…), il convient de s’occuper du vent.

La vitesse du vent est probablement l’aspect le plus restrictif déterminant la faisabilité d’une ascension. Au delà d’une vitesse de 12 noeuds (20 km/h), il pourra simplement empêcher le gonflement du ballon : l’enveloppe de celui-ci se transformera en spi de voilier l’empêchant de se relever. VentUn pilote chevronné pourra cependant décoller (sportivement !) par conditions limites et effectuer un vol agréable une fois le ballon bien inséré dans le lit du vent. Mais gare à l’atterrissage : le « spi » reprenant du service pourra traîner le ballon sur plusieurs dizaines voire une centaine de mètres. La montgolfière a cependant besoin de vent pour se déplacer ! L’idéal est une vitesse de 6 à 15 noeuds, soit 10 à 30 km/h.

L’autre composante du vent est sa direction : un décollage par vent faible dirigeant la montgolfière vers une forêt longue à traverser posera le problème de l’autonomie en gaz nécessaire à son franchissement.

Sonde

Cette composante direction est primordiale en compétition, toutes les épreuves étant basées sur la capacité du pilote à profiter des moindres variations de direction du vent pour diriger son aérostat. C’est pourquoi vous verrez fréquemment avant le décollage les équipages lacher des petits ballons de gonflés à l’hélium : en les suivant à vue depuis le sol avec un simple compas de relèvement ou au moyen plus perfectionné d’un théodolite, ils permettent de déterminer le cap prévisible de la montgolfière, car le vent « tourne » suivant l’altitude.

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